Ceviche minute de Saint-Jacques 1


Ceviche-minute par ce que ça prend une minute (hasard ? coincidence ? je ne pense pas).

En terme de prix, on se situe au prix des coquilles Saint-Jacques… disons 15€ pour un plat généreux pour deux personnes. (Ou pour trois si un est allergique aux fruits de mer par exemple #Astuce).

Il vous faut:

  • des noix de Saint-Jacques (que vous pouvez préparer comme ça)
  • de la coriandre fraiche
  • des baies roses
  • un citron
  • huile d’olive (et/ou noisette)
  • gingembre frais (pour ceux qui veulent, un peu de piment)
La durée de cette recette va entièrement dépendre de votre capacité à découper ces trucs.

La durée de cette préparation va entièrement dépendre de votre capacité à découper ces trucs rapidement

Vous coupez les noix en fines lamelles avec un couteau efficace. Certains recommandent de les passer un peu au congélateur pour qu’elles soient plus dures et plus simples à couper. On fait un Ceviche ici, pas un carpaccio donc pas besoin non plus de trop se prendre la tête.

La découpe

Fines lamelles et puis ZOU !

Couper ensuite la coriandre fraiche et le gingembre frais en petits bouts.

La c'est vraiment pour mettre des photos...

La c’est vraiment pour mettre des photos…

Dans un bol, mettez les morceaux de Saint-Jacques, les épices, le jus d’un citron et un généreux filet d’huile. Prenez une photo pour votre compte Instagram. #healthy #seafood #ceviche #homemade #vegan (sans ce dernier vous n’aurez aucun like, faites moi confiance)

Remuez et laissez mariner une quinzaine de minutes. Plus ça marine, plus les coquilles seront cuites par le citron. Vous voilà prévenus.

On en a discuté hier, et on s’est mis d’accord qu’il valait mieux le servir à température ambiante et pas sorti du frigo. On sent mieux le goût.

Et voilà

Et voilà

Ceviche

Le ceviche

Pour toutes les explications sur le sexe des coquilles Saint-Jacques, vous pouvez passer directement à la fin de cette recette.

On va donc parler du Ceviche. Pour une fois, l’ami Wikipedia n’est pas prolixe (d’ailleurs ils sont en campagne de don, alors faites un geste, ce sont des gens biens) . On y apprend qu’il s’agit d’un nom générique de marinade de fruits de mer servie froide dans de nombreux pays d’Amérique du Sud. Principalement sur la côte Pacifique mais aussi Atlantique.

Il y a des variantes, en Equateur on est plutôt tomates, oignon et coriandre, on le sert comme une soupe avec du pop corn ou de chips.

Au Pérou on met plus de l’ail visiblement et on le sert avec de la patate douce, du manioc ou du maïs. Alors qu’au Mexique on se rajoute des petits piments sur la fin. En toute détente.

Bref on est bien avancé. En gros: fruits de mer, citrons et TRUCS.

En poussant un peu les recherches, il semblerait que ce plat soit d’origine pré-colombienne. Le nom viendrait du Quechua « siwichi ». (Le Quechua était la langue impériale des Incas avant d’être rachetée par Decathlon qui a recyclé tous les dictionnaires en tentes 2 secondes).

Habitation traditionnelle Inca

Habitation traditionnelle Inca

Pause grammaticale

Inca, en tant que nom, prend le pluriel mais pas le féminin.
Exemple: « Ces joyeux Incas sont en train d’aiguiser des couteaux »// « Pourquoi ont-ils attaché cette petite Inca sur cet autel en pierre ? »

L’adjectif inca est toujours invariable. « Des sous-marin nucléaires inca » par exemple. C’est fou non ?

Merci de votre attention

A l’époque, pas de citron (bah forcément, le citron vient d’Asie) donc on utilisait du jus de maïs fermenté ou Chicha (ou Ak’a en langue Decathlon) pour faire mariner le poisson.

Alors là, c’est un peu plus intéressant que le ceviche. Il s’agit donc d’une boisson fabriquée à base de maïs, de manioc ou d’arachides dans laquelle on peut rajouter des fruits. On raconte que l’origine de la boisson remonte à l’innondation d’un entrepôt de maïs. Plutôt que de tout jeter, les Incas ont gouté l’eau stagnante fermentée qu’il y avait partout et ont probablement fini ivres morts. Considérant que dorénavant, il était d’intérêt public d’innonder régulièrement des entrepôts pour se la coller entre Incas (exemple typique de Sérendipité).

On dirait du sang de porc

On dirait du sang de porc, non ?

Le procédé de fabrication est assez marrant, puisque le maïs ou le manioc est théoriquement mastiqué avant d’être recraché dans la cuve de fermentation. Dans de nombreuses tribus indiennes un peu reculées, on continue sur cette bonne vieille méthode. La cuve est au milieu du village, et les gens qui passent devant lachent un bon vieux glaviot pour accélérer la saccharification du mélange (on l’appelle alors Masato).

Le cycle du Masato: Mâcher - Cracher - Fermenter - Avaler - Vomir

Le cycle du Masato: Mâcher – Cracher – Fermenter – Avaler – Vomir

La boisson peut être plus ou moins alcoolisée en fonction de la fermentation ou de la quantité de salive qu’on y a laché. Dans ses versions un peu fortes, on la donnait en quantité massives à de jeunes Incas fringants, accompagné de larges quantités de cocaïne et de nourriture avant de les étrangler ou de les tabasser à mort. Ces sacrifices humains étaient effectués en période de conflit, ou quand l’Empereur avait un petit rhume le dimanche et qu’il n’y avait pas de pharmacie de garde.

Visiblement, l’analyse de certains corps très bien conservés indique aussi que parfois, on droguait les enfants à la Chicha et aux feuilles de coca avant de les abandonner en altitude complétement défoncés. Ils mouraient alors de froid et on allait récupérer les corps. Vraiment des gens raffinés.

On sent que la teuf est grave en train de partir

On sent que la teuf est grave en train de partir

Ce qui est rassurant, c’est que ces sacrifices – bien qu’interdits – ont duré jusqu’au XXe siècle, mélangés en partie avec des rituels chrétiens.

Bref, je voulais vous parler de ceviche et je finis encore sur Cannibal Holocaust. Quel petit fripon je suis.


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