Fèves maraîchères au cumin (vegan)


Bon, je trouve que ça fait un peu trop longtemps que je n’ai pas cuisiné oriental et vegan, donc on va faire les deux, avec une recette de fèves au cumin (c’est complètement la saison en ce moment, donc foncez au marché et faites le plein !).

 

Ingrédients

1. feves ingredients

  • Des grosses fèves maraîchères
  • 2 tomates
  • Un oignon
  • Une gousse d’ail
  • Du cumin
  • De l’huile d’olive

 

Alors la recette est tout à fait simple. :

D’abord, vous écossez les fèves. Les graines doivent être bien vertes, fermes entre vos doigts, et si vous en goûtez une crue, elle doit être croquante, pas farineuse, et avoir un bon goût frais.

2. feves ecossees

 

Ensuite, vous mondez les tomates : incisez-les légèrement en croix et plongez-les moins d’une minute dans l’eau bouillante.

Vous verrez qu’après cela, la peau part toute seule.

3. tomate mondee

 

Faites revenir les oignons et l’ail émincés finement dans de l’huile d’olive. Allez-y vénère sur l’huile, y’a que ça de bon, et les fèves sont, par ailleurs, très pauvres en lipides.

Ajoutez ensuite les tomates grossièrement concassées, puis les fèves. Assaisonnez avec du sel, du poivre, et du cumin. Laissez cuire environ 30 minutes.

4. cuisson

 

Les fèves sont alors fondantes. Servez-les avec un citron, pour les arroser de jus : ça fait toute la différence! Vous pouvez les manger chaudes ou froides, avec une salade de mesclun comme sur cette photo, ou idéalement avec du riz.

En effet, la fève est riche en protéines végétales, et l’associer avec des céréales en permet une assimilation optimale. Oui c’était le moment diétético-chiant de la recette.

5. feves

 

Un peu de culture antique

« Quel rapport? », me demanderez-vous, l’air hagard et l’ignorance débordant de votre regard mi-perdu, mi-bovin.

 

Eh bien même s’il n’y en avait pas, ce serait toujours une bonne occasion pour mettre des tas de représentations d’hommes à poil avec des muscles. Et au final, c’est déjà une assez bonne raison, en soi.

COUCOU Michael Fassbender en slip en cuir! COUCOUUUUUU!

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Bon mais en fait, quand même, il y a un lien. Certes, pas avec Sparte (avouez que ça valait quand même le coup de voir ces abdo, résultat flamboyant d’un combiné unique entre un régime hyper-protéiné Dukan et Photoshop CS6), mais avec Athènes.

COUCOU Brad Pitt en jupe!!! COUCOUUUU!!!

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Trêve de minauderies. Dans la démocratie athénienne, les fèves ont donc eu un rôle assez important, pour la Boulè (assemblée en charge d’étudier les projets de loi émanant des citoyens, pour ensuite les faire voter par l’Ecclesia) et l’Héliée (tribunal populaire).

 

En effet, les membres de chacun de ces organes (500 gonzes pour la Boulè et 6000 pour l’Héliée) étaient tirés au sort chaque année.

Le tirage au sort se faisait par le truchement du klérotèrion, un objet assez marrant dans lequel chaque citoyen mettait son nom (gravé sur un pinakion) dans une des multiples petites encoches, et duquel sortait, aléatoirement, à chaque fois qu’on tirait un nom, une fève noire ou blanche.

Si la fève était blanche, le citoyen était sélectionné pour devenir Bouleute ou Héliaste. Si elle était noire, il ne l’était pas.

L’ancêtre du jeu « Motus », en quelques sortes.

On voit les petites fiches dans les encoches, et à gauche il y avait donc un tube par lequel sortait la fève noire ou blanche.

On voit les petites fiches dans les encoches, et à gauche il y avait donc un tube par lequel sortait la fève noire ou blanche. Vachement plus joli qu’un bureau de vote, en plus.

 

En quoi la fève était archi-démocratique?

Je ne vais pas m’étendre des heures sur mes opinions politiques, ou sur les origines de la démocratie. Je voudrais juste revenir un tout petit peu sur le point auquel ce système athénien était hautement démocratique :

  • Quoi de plus équitable que le tirage au sort? Aucune qualification autre que l’âge minimum de 30 ans n’était requise. De quoi faire pâlir toutes les politiques de promotion de la diversité, hein.
  • Un bouleute ne pouvait être renouvelé que 2 ans, ce qui excluait totalement la carrière politique (et donc le manque de courage politique en vue de se maintenir, par exemple, ou le conflit d’intérêt dans le but évident de maintenir son poste)
  • La Boulè avait pour fonction de faire émerger, d’étudier, et de présenter au vote les projet des citoyens eux-mêmes. Il y avait donc une vraie prise en compte des réalités des citoyens, et non un parachutage de politiques sorties de nulle part.
  • A cela s’ajoute donc bien sûr le fait que les bouleutes étaient des vrais citoyens, qui venaient de leur activité normale et allaient, de toute façon, y retourner. Pas de déconnexion entre les administrateurs et la réalité, donc.
  • Pour garantir une bonne représentativité, les bouleutes étaient tirés dans chacune des 10 tribus. Chaque tribu assurait la présidence de la Boulè pendant 1/10ème de l’année. Équité complète.
  • La Boulè faisait voter les lois à l’Ecclesia, qui est également une assemblée citoyenne, à laquelle tous les citoyens pouvaient participer en votant et en prenant librement la parole.
  • Enfin, l’application des lois était garantie par des magistrats élus, mais qui n’avaient aucun pouvoir personnel. Ils ne pouvaient agir que de façon collégiale, et étaient tous contrôlés à la fin de leur mandat, devant rendre des comptes aux citoyens. Incroyable qu’on y ait plus pensé depuis!

Et voilà, les amis, en quoi les fèves permettaient une démocratie intègre, sans carriérisme, et réellement participative.

 

Sur ce, je vous laisse sur une dernière petite image antique.

COUCOU MICHAAAAEEEEL COUCOUUUUUU

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